Bonjour,
Voici à quoi ressemble nos journées à McLeod Ganj.
Lever vers 7h. Petit déjeuner à 7 h 30. Oeufs, crêpes, sirop d'érable (de Claudette), toasts, confiture, bananes, quelquefois des oranges, des papayes (le matin ou/et le soir), café au lait chaud. Les papayes sont bien mûres ici. On n'est pas trop à plaindre.
Et Lama Karma qui parle très bien anglais mange avec nous et nous tient compagnie. Il répond à toutes nos questions et nous renseigne sur le boudhisme et surtout sur sa propre pratique du boudhisme. Il y a différentes manières d'appliquer la philosophie boudhiste. On comprend mieux maintenant qu'il s'inscrit dans une voie qui intègre le chamanisme. Il est plutôt chaman. Cela explique les pujas (ces cérémonies religieuses dont j'ai parlé précédemment. Pour nous, il peut sembler y avoir une bonne part de superstitions, mais pour eux tout se tient. L'esprit est partout dans la nature, alors il ne faut pas perturber cette nature pour ne pas avoir d'effets négatifs. Il y a un arbre, un chêne, qui pousse presque dans leur maison. Ils l'ont laissé pour ne pas troubler l'esprit des lieux. Chez nous, les entrepreneurs auraient "clairé" la place pour travailler à l'aise. La notion d'espace dans un pays de plus d'un milliard d'habitants est differente.
Après déjeuner, nous descendons à McLeod Ganj pour le travail. Claudette et moi, on habite très haut sur une route de terre et de roches et de rigoles, avec un dépôt d'ordures à mi-chemin ou les singes se régalent. Il faut passer sans trop les regarder, comme s'ils nous laissaient indifferentes, ce qui n'est pas du tout le cas. Heureusement, il y a aussi des chiens errants, ce sont eux qui font peur aux singes. Ils aboient pour les chasser ... surtout la nuit. Dans notre maison il y a trois chiens qui jouent ce rôle, sinon les singes s'amusent à voler le linge étendus sur les cordes. Un matin qu'on mangeait sur la terrasse, un singe a sauté sur la table et volé très vite une banane. Et un matin que j'ai pris un raccourci pour le travail, un autre a sauté sur mon sac à dos. Heureusement, il était bien attaché. C'est mon pantalon qui a pris le coup. Quelqu'un me l'a fait remarqué en cours de journée. Plus de peur que de mal.
Claudette travaille à la fabrique de papier recyclé et à la reliure artisanale. Cet atelier fabrique de très jolies choses. J'en rapporterai.
Moi, au début, je ne pouvais enseigner le francais parce que l'école de langues était fermée pendant les neuf jours d'enseignement du Dalai Lama, soit du 1er au 9 mars. J'ai aidé Richard et celles qui faisaient du ménage à la maison des personnes âgées près du Temple. Très belle route pour se rendre au travail, très triste situation des personnes pauvres et seules qui habitent dans cet hospice. Ce fut un choc de visiter les lieux. Des conditions hygiéniques comme je n'en avais jamais vu. En fait, ils n'ont pas d'eau. On bat les coussins, les couvertures et les vieux tapis pour les nettoyer. On passe une sorte de balai fait de feuilles de palmier ou de jonc séchées. Les employés ont compris qu'on n'avait pas le nez à l'ouvrage. On se masquait et on portait des gants de plastique, etc. Ils nous ont assigné des tâches qui sont plus faciles pour les aseptisés que nous sommes : classement, préparation de médicaments, de petites ouates, etc. Mais on avait l'impression de déranger souvent et d'être peu utiles.
Le 10, ce fut la commemoration des 51 ans de l'exil des Tibétains en Inde. Congé. Discours du Premier ministre et du Dalai Lama et grande manisfestation qui descendait à Darhamsala.
Le 11 mars. L'école des langues, le Lha, reprend ses cours. Je commence à enseigner. De vrais débutants. Et pour eux le francais est aussi difficile que pour nous le tibétain. Des moines, une nonne, des jeunes filles et des jeunes hommes suivent mes cours. Tous très motivés. J'adore ça. Avant d'entrer en classe, on enlève nos chaussures, on entre et on s'assoit sur un coussin par terre. J'ai un tableau et j'ai droit à un photocopie par semaine par étudiant. Dans ce lieu tout le monde qui enseigne est bénévole. Il y a une petite bibliothèque avec des livres dans toutes les langues qui sont des dons des personnes qui passent.
Je prépare mon cours sur la terrasse de la chambre d'hôtel qui est à notre disposition pour notre séjour. On peut y aller quand on veut et il y a une grande terrasse avec tables et chaises au soleil et une partie couverte à l'ombre. On y est très bien. C'est le dernier étage de l'hôtel. Notre chambre est très confortable avec salle de bain complète, ce qui est un luxe ici.. Je n'y viens que pour lire, travailler et ... aller au toilette (ce qui représente toujours un problème en Inde) (généralement, les toilettes sont des trous et il n'y a pas de papier, mais toujours un robinet tout de même très utile dans chaque toilette «à pedales» comme on les appelle).
Je n'enseigne que de 12h à 13h. C'est mon choix. Sinon, j'aurais dû préparer au autre niveau.
A 13 h je rejoins «ma gang» au restaurant. On a le choix entre sept restaurants et on mange très bien.
L'après-midi, lecture, internet, promenades en montagne, fouinage dans les boutiques. Le jeudi, méditation ou cours sur le boudhisme (pas très réussis). Les fins de semaine, on fait des excursions. On marche beaucoup en montagne. Je suis de moins en moins essoufflée. Le coeur prend du mieux.
Assez bavardé. Je vous raconterai le reste une autre fois. Je dois quitter.
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